... se faire connaître
La première circulaire

 

Il devenait urgent de faire connaître notre existence. On loua une vieille Japy pour ne pas envoyer nos lettres manuscrites. Nous survivions, d'ailleurs, grâce à l'aide de nos parents et amis après notre appel à l'aide: " Pour que l'école dure, amis, donnez. "
Nous avions même fait imprimer mille exemplaires d'un texte publicitaire. C'était cher mais ça valait la peine. Mais la facture, elle, était du double de ce qui était convenu. Que faire? Nous nous sentions désarmés. C'était le premier incident lié à l'argent, il allait être suivi de nombreux autres et nous allions apprendre très vite et à nos dépens que gérer une école ne relevait pas seulement de compétences pédagogiques.

On consulta des associations de consommateurs : "Il aurait fallu demander un devis", nous dirent-elles.

Nouvelle visite à l'imprimeur :
" Beaucoup de choses ont été changées après que nous ayons parlé du prix ", affirma-t-il. Finalement, on se rallia à la suggestion du père de Fabienne, un expert puisque procureur de, la République : adresser un chèque du montant convenu au départ : 125 francs. Le chèque fut encaissé et l'affaire classée.

Le texte imprimé était la circulaire que nous avions mise au point avec l'aide de Fernand Oury. Tout en annotant le document que nous rédigions ensemble, il eut ce mot : " Votre projet d'école, ça pourrait marcher… vous avez des gueules vaguement humaines. "

La semaine suivante, ce fut au tour de Françoise Dolto de nous encourager. Rien ne pouvait autant nous stimuler que son autorisation de nous servir de son nom pour nous faire connaître. Ce fut au point que l'on n'osa pas…