L'idée du voyage en Corse

 

Après la mort de son père, Fabienne en envie d'aller en Corse revoir sa famille et les lieux où il avait passé son enfance. Elle avait aussi très envie de faire découvrir à Michel ce pays qu'il ne connaissait pas, ainsi qu'à François qui n'en avait gardé aucun souvenir.
C'est dans la maison de Murtoli que l'on choisit d'aller à Pâques . Il y faisait un froid terrible, il pleuvait presque tous les jours mais on imaginait très bien à quel point ce pouvait être magnifique au mois de mai. Michel lança l'idée de venir y faire notre prochaine classe de mer. Cela avait l'air insensé à première vue : sans eau ni électricité, sans confort matériel, à des heures de toute agglomération!

On examina les problèmes un à un. Aucun ne semblait à lui seul un obstacle au projet et nous avions envie de nous laisser tenter. Malgré les complications, ça valait bien les baignades dans la Manche dont nous nous contentions en guise de classe de mer depuis trois années et qui ne nous satisfaisaient pas plus que les enfants. Au moins, ici, nous étions sûrs que les enfants seraient motivés et participeraient. Nous allons rendre visite à cette très vieille femme que l'on appelait respectueusement, à Sartène, La Signora Bianca et qui est la tante de Fabienne. Elle nous reçoit dans sa maison qui dominait la ville. Tous les rideaux sont baissés et il règne une telle pénombre dans la chambre que l'on a même du mal à distinguer les traits de Blanche. C'est Fabienne qui parle :
- Je voulais te demander si nous pouvions venir nous installer à Murtoli avec notre petite école, pendant trois semaines, au mois de mai, l'année prochaine.

Cela la fait sourire. Pourtant elle semble touchée que cette très jeune nièce veuille retourner là-bas : dans sa famille, même depuis Sartène, on trouvait que c'était toute une expédition d'aller y passer seulement la journée… Elle évoquent les souvenirs d'étés lointains avec Octave, le frère de Blanche, le père de Fabienne. Nous revînmes l'année suivante mais Blanche n'était plus là pour nous recevoir… Et Paul, son héritier, nous permit de poursuivre ce projet.