La soirée chez les garçons

 

Quand presque tous les ans, les aînés laissent leurs places, pour cause de départ, d'autres se sont préparés à prendre la relève. Ils ont réfléchi, parfois longuement à ce qu'ils allaient faire, à leur tour, quand viendrait le moment.

Ainsi Yacine qui va se retrouver à la tête des garçons dit ne plus vouloir d'une certaine discipline, ni du vocabulaire qui l'accompagne. Certains de ses camarades sont incrédules et ne le croient pas capable de mener à bien un tel programme, d'autant qu'il n'est même pas encore bleu. Pour la première fois, d'ailleurs, il n'y en aura pas à la rentrée; ni chez les filles, ni chez les garçons.

Les adultes aident au projet de Yacine en offrant une structure nouvelle pour que les chambres ne rassemblent plus les garçons, par affinité, mais comme à table, en groupes hétérogènes organisés autour d'un responsable.

Des travaux intervenus durant l'été ont transformé l'étage et supprimé toutes les chambres à géométries variables occupées par un ou deux enfants. On y découvre, à la rentrée, un alignement de quatre chambres, similaires, le long du couloir, avec au fond, une salle commune et une salle d'eau, cette dernière devant être remplacée, à terme, par une salle de bains. Cet ensemble où l'on circulera beaucoup est baptisé du nom évocateur de petit village.

Il est ainsi proposé, pour la première fois, que le travail pédagogique confié aux enfants dans l'école s'étende jusqu'aux chambres et jusqu'à l'heure du coucher, que les soirées ne constituent plus seulement un temps libre.

Les filles le font déjà, plus ou moins suivant les années, et depuis Jacqueline, sans que l'on ait eu besoin d'intervenir mais chez les garçons cela s'annonce autrement plus difficile d'où ce coup de pouce.