Une histoire d'inscription
Vient un
jour pour un essai un petit bonhomme de neuf ans qui s'appelle Quentin.
" Je suis un monstre ", plaisante-t-il en parlant de lui. Mais derrière
cette boutade perce son inquiétude à l'écoute du discours
de ses parents et enseignants.
Sa sur aussi fait son essai. Plus petite et agréable. Assez peste
et pas mécontente de l'être. Elle est considérée,
par la famille et la société, comme allant tout à fait
bien.
Quentin n'est pas un élève modèle, mais ce n'est pas un
enfant difficile. En tout cas dans notre acception du terme : vif, intelligent,
s'exprimant facilement, il n'est ni passif ni soumis au désir des adultes.
La première semaine ne se passe pas très bien et il est critiqué
par les enfants en réunion :
- Je m'en fiche, dit-il, mon père m'a dit que si je faisais un essai
dans cette école, il me paierait un vélo. Je fais mon essai. J'aurai
mon vélo.
On lui explique qu'il n'a pas vraiment effectué son essai. Que c'est
dommage parce que cette école pourrait peut-être l'aider à
grandir. Et qu'il n'y a pas grand risque à s'intéresser aux activités
durant sa seconde et dernière semaine d'essai. S'il n'est pas intéressé,
personne n'essayera de le retenir. Surpris, il se contente de répéter
:
- Je m'en fiche
Tout ce que je veux, c'est avoir mon vélo!
Quentin revient le lundi suivant et l'on s'aperçoit que quelque chose
dans son comportement a changé. À la fin de la semaine il a même
changé d'avis pour ce qui est de rester. Il est clair qu'il fallait trouver
un moyen de passer contrat avec l'enfant dès son arrivée.