Les journées d'enfants

 

Il est une institution qui a connu une évolution considérable, c'est la journée où les enfants sont les seuls responsables de l'école.

Quelle que soit la formule, elle a toujours bien fonctionné parce que les enfants s'amusent en cette occasion. Mais une seule fois par an, c'était insuffisant pour en faire autre chose qu'un jeu. Et c'était bien dommage car les enfants, au fil des ans, semblaient tentés d'en faire davantage. En organiser plusieurs par an, c'était en modifier le statut, c'est ce que l'on décida de faire.

Comme on l'avait anticipée, l'importance de cette journée et sa portée symbolique s'en sont trouvées encore accrues.

Il y a le côté défi. Même quand il y a des problèmes non résolus dans l'institution ou que l'ambiance n'est pas idéale entre les ceintures foncées, les enfants se montrent capables de mettre entre parenthèses tout ce qui peut nuire au bon fonctionnement de cette journée et à faire un effort particulier pour cette occasion, ce qu'il ne font pas nécessairement quand les adultes sont présents et justement pour cela. D'ailleurs, si les résultats sont inégaux, d'une fois à l'autre, ils sont tout de même invariablement positifs.

L'autre aspect, c'est la fête notamment autour du repas de midi. La salle à manger est décorée, les plats sont raffinés, l'ambiance est à la bonne humeur.

Mais le reste des activités ne souffre pas de la comparaison. Les interventions dans les classes sont très soignées, les ateliers proposés originaux. Les enfants proposent, ce faisant, une nouvelle définition du jour de vacance et nous ramènent aux origines de cette manifestation sauf que c'est un Carnaval plutôt abstrait, quelque chose comme "La Journée d'enfants, c'est fou !"

Au bilan qui la termine, seule partie à laquelle assistent les adultes, se dégage toujours cette fierté des enfants d'avoir été capable non seulement de l'avoir menée à bien mais d'avoir fait mieux, seuls, que les autres jours quand l'école fonctionne avec les adultes.

Mais ils sont quand même contents de nous rendre nos responsabilités… et de n'en faire que trois fois par an !